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Océan et Brésil. Récit de voyage

15,17 €

    Abel Bonnard

    Préface de Juan Asensio

    À peu près oublié des lecteurs contemporains, Océan et Brésil est l’un des plus beaux ouvrages d’un écrivain, Abel Bonnard, qui lui-même reste, bien davantage que Brasillach, Drieu la Rochelle ou encore Rebatet auxquels il est si souvent associé, l’un des derniers véritables proscrits de la République des lettres françaises. De récents travaux d’exégèse ne l’ont pas complètement fait sortir du cachot où sont relégués les bannis et les pestiférés. Comme d’autres textes où l’auteur d’Éloge de l’ignorance évoque ses déambulations rêveuses dans les rues de Rome, en Chine ou encore au Maroc, nous pourrions tenir Océan et Brésil pour l’une de ces innombrables invitations au voyage dont la mode ne semble plus pouvoir être démentie à mesure que la surface de la planète est vitrifiée par l’homme, réduite à une prodigieuse étendue parfaitement lisse, polluée et colonisée par la Machine. Ce serait là, cette toute simple possibilité de pouvoir inspirer un dernier air vivifiant dans une société qui étouffe, une première raison, qu’il ne faudrait pas négliger, de lire ou de relire Océan et Brésil, mais ce n’est assurément pas la plus essentielle. Il y a dans ce livre, fort heureusement, davantage que les chromos devenus inaptes à ébranler notre imagination à l’ère de l’instantanéité obligatoire : quelque dix années avant Georges Bernanos quittant l’Europe aux si vieux parapets, Abel Bonnard nous révèle la foisonnante beauté de la nature et la prodigieuse vitalité des peuples du Brésil, dernier continent où, peut-être, l’homme occidental, fourbu de tant d orgueilleuses conquêtes, pourrait retremper son âme, revenue de tout, dans un bain de jouvence. Mais, au-delà même de cette quête bien des fois illustrée, d’Arthur Rimbaud jusqu’à Ernest Psichari et François Augiéras, en passant par le personnage de l’esthète fin-de-siècle, c’est surtout la remarquable finesse des observations qui retient l!attention du lecteur d’Océan et Brésil, ainsi que la volonté de tenter de sauvegarder, en les consignant, les derniers vestiges d’une simplicité primesautière, une sorte d’ignorance étoilée, sans laquelle, nous avertit l’auteur, le monde court à sa ruine.

    202 p.