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Prison de Clairvaux, janvier-décembre 1950
Lucien Rebatet, Pierre-Antoine Cousteau
Texte inédit présenté et annoté par Robert Belot
Les anciens «collabos» n’ont eu l’occasion de s’exprimer publiquement qu’à une date assez récente, au moment de la guerre d’Algérie. L’antigaullisme a donné à ces hérauts du fascisme français une nouvelle légitimité et une raison de renaître. Leurs discours ont alors pris la forme d’un procès en réhabilitation, leurs livres, celle d’un mémoire en défense politique. Que pensaient-ils véritablement, une fois la défaite du nazisme consommée, des raisons de la déroute de leurs idées? Nous ne le savions pas et cette part d’ombre, supposant un déni de réalité, faisait la faiblesse générale des histoires de l’extrême droite. Ce Dialogue de «vaincus», rédigé en 1950 à la prison de Clairvaux par deux anciens collaborateurs, et demeuré à ce jour inédit, constitue donc un document essentiel. Ces deux anciens collaborateurs sont célèbres, puisqu’il s’agit de Lucien Rebatet et de Pierre-Antoine Cousteau, condamnés à mort à la Libération. Leur peine ayant été commuée en prison à perpétuité, ils rédigent ensemble une vingtaine de «dialogues» où ils s’expriment en totale liberté. Ils mettent noir sur blanc des «vérités rescapées», car s’ils se considèrent comme «vaincus», leurs idées ne sont pas pour autant, selon eux, invalidées.
286 p.
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