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Alfred Leverrier
«J’étais ce que l’on appelle un fasciste. À vingt ans, on s’engage. Pendant les années 30 à 40, au milieu des scandales et des incohérences d’une République dont seuls des appareils instantanés pouvaient photographier le défilé des ministères, allais-je me laisser pousser la barbe, porter un grand chapeau, fréquenter les congrès radicaux-socialistes et m’enthousiasmer pour Chautemps, Daladier ou Gaston Doumergue ? Non. Jeune, on va aux extrêmes… … Ma décision mûrissait sensiblement. Outre que le dialogue avec le vainqueur me paraissait plus profitable que le raidissement, j’avais éprouvé un sentiment tout intérieur, de honte. Honte d’abord d’avoir joué les fiers-à-bras et d’avoir été vaincu lamentablement, et honte de rester les bras ballants devant des soldats qui partaient se battre contre ce que je considérais de longue date comme l’hydre à abattre. Il fallait me réhabiliter à mes yeux. » Quelques semaines d’instruction et ce fut le grand plongeon dans l’enfer russe, théâtre des plus beaux exploits comme des plus cruelles déroutes, champ de bataille où le froid devient plus mortel que les balles. Au gré de ces souvenirs rédigés sur la fin de sa vie, avec une distance propre à les délivrer des vertiges de l’idéologie, privilégiant la restitution d’une atmosphère à un exposé rigoureux des faits, l’auteur nous conduit au cœur du combat et du quotidien de ces soldats français engagés dans une lutte titanesque pour la domination du monde. Entre l’âpreté des affrontements et les frasques des permissions aux quatre coins de l’Europe, le récit balance et se fait tour à tour grave et léger, mêlant entre elles impressions diffuses et considérations impersonnelles, laissant entrevoir chez l’auteur cet optimisme salvateur qui lui aura permis de surmonter toutes les épreuves. L’occasion aussi d’approcher des figures d’exception comme Léon Degrelle, Jean Fontenoy, Jacques Doriot ou Monseigneur Mayol de Luppé, qui ont tant marqué cette aventure de leur empreinte. Pour eux, pour Leverrier comme pour tous les combattants de la L.V.F., la question était tranchée : mieux vaut être mort que rouge...
250 p. Indisponible
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